Pollution de l’air : comprendre les dangers et les solutions

pollution de l’air

La pollution de l’air évoque souvent des images de villes noyées dans un brouillard gris. Mais derrière ces images spectaculaires se cachent des risques bien réels pour notre santé, souvent invisibles au quotidien. Respirez mieux vous alerte sur les dangers potentiels et vous éclair sur les solutions à appliquer.

Pourquoi la pollution de l’air est un « tueur silencieux »

Selon les estimations internationales, près de 7 millions de personnes meurent chaque année à cause d’un air de mauvaise qualité. La pollution de l’air est devenue la 4e cause de mortalité mondiale, derrière le tabac mais loin devant l’alcool.

Autrement dit, l’air que nous respirons depuis toujours, symbole de pureté, est aujourd’hui un facteur majeur de risque pour notre santé.

Les particules fines PM2,5 : petites, mais très dangereuses

Parmi les polluants, les particules fines PM2,5 (d’un diamètre inférieur à 2,5 microns) sont les plus surveillées. Elles sont si petites qu’elles pénètrent profondément dans nos poumons, puis dans notre organisme.

Une fois respirées, elles peuvent :

  • induire un stress oxydant dans les poumons ;
  • provoquer des réponses inflammatoires ;
  • endommager l’ADN, ce qui peut participer à la cancérogenèse ;
  • atteindre le cerveau via la zone olfactive du nez.

Un air moins pur est ainsi lié à de nombreuses pathologies :

  • cancers du poumon ;
  • pneumonies ;
  • naissances prématurées ;
  • maladies cardiovasculaires ;
  • diabète.

Où l’air est-il le plus pollué dans le monde ?

Un rapport récent montre qu’à peine sept pays respirent un air conforme aux recommandations de l’OMS. Tous les autres dépassent les seuils considérés comme sûrs.

La référence de l’OMS : 5 µg/m³ de PM2,5

L’Organisation mondiale de la santé recommande de ne pas dépasser 5 microgrammes de PM2,5 par mètre cube d’air en moyenne annuelle. Pourtant, de nombreux pays sont très au-dessus de ce seuil.

Les pays les plus touchés, comme le Bangladesh, le Pakistan ou l’Inde, peuvent dépasser cette recommandation plus de 10 fois. On y retrouve souvent :

  • une forte croissance économique et industrielle ;
  • peu ou pas de contrôle des émissions ;
  • une forte densité de population ;
  • des populations plus vulnérables économiquement.

Derrière, d’autres pays comme la Chine, le Vietnam ou le Sénégal présentent aussi des concentrations élevées.

Les pays qui respirent encore un air relativement sain

Quelques rares pays restent sous le seuil de l’OMS, avec une bonne qualité de l’air : l’Islande, la Grenade, l’Île Maurice, mais aussi la Nouvelle-Zélande, l’Australie, l’Estonie ou la Finlande.

Leur situation s’explique par plusieurs facteurs :

  • des vents importants qui dispersent les polluants ;
  • une faible densité de population ;
  • des politiques publiques actives : développement des transports doux, accompagnement vers des modes de chauffage moins polluants, etc.

La France, elle, se situe plutôt dans la partie « moyenne » du classement : l’air y est moins pollué que dans de nombreux pays, mais les concentrations de particules fines restent environ deux fois supérieures à la recommandation de l’OMS.

Quels polluants surveille-t-on exactement ?

Si les PM2,5 concentrent l’attention, elles ne sont pas les seules en cause. D’autres polluants sont réglementés et suivis, notamment en Europe.

  • PM10 : particules de diamètre inférieur à 10 microns ;
  • Ozone (O₃) : gaz oxydant, en hausse dans plusieurs régions ;
  • Polluants liés à la combustion intérieure (bois, charbon dans les logements) ;
  • Autres gaz comme l’ammoniac, principalement émis par l’agriculture.

En France, on utilise l’indice ATMO, qui se base sur cinq polluants réglementés. L’indice du jour est déterminé par le polluant le plus défavorable, ce qui permet d’avoir une vision globale de la qualité de l’air, plutôt que de se focaliser sur un seul indicateur.

La pollution de l’air : est-ce que ça s’aggrave ou ça s’améliore ?

À l’échelle mondiale, entre 1990 et 2019, le nombre de morts liés à la pollution de l’air (tous polluants confondus) est passé de 6,5 à 6,7 millions par an. Cette relative stabilité cache en réalité de fortes différences :

  • certains types de pollution baissent ;
  • d’autres sont en nette hausse ;
  • les tendances varient fortement d’une région à l’autre.

Pollution intérieure en baisse, ozone et PM2,5 en hausse

La pollution de l’air intérieur liée à l’utilisation de combustibles comme le bois ou le charbon pour la cuisson a diminué depuis 1990. Elle reste un problème dans certaines régions, mais son impact global recule.

À l’inverse :

  • les morts dues à l’ozone augmentent ;
  • les morts liées aux particules fines progressent également.

Des évolutions très différentes selon les régions

Les trajectoires des pays sont loin d’être homogènes. Entre 2010 et 2016, certaines zones du globe ont vu leur pollution aux particules fines empirer fortement, tandis que d’autres enregistraient de nettes améliorations.

De manière générale :

  • les pays en développement avec une forte industrialisation et peu de contrôle des émissions voient souvent leur pollution augmenter ;
  • dans de nombreuses régions d’Europe et d’Amérique du Nord, la qualité de l’air s’améliore pour la majorité des polluants.

Un facteur important sur le long terme a été la délocalisation industrielle : des mines, usines textiles, électroniques ou de produits du quotidien ont été déplacées d’Europe ou d’Amérique du Nord vers l’Asie ou l’Afrique, ce qui a aussi déplacé les émissions polluantes.

Le cas particulier de l’ozone

En Europe, la plupart des polluants atmosphériques sont en recul, mais l’ozone fait figure d’exception. Ce gaz oxydant est influencé par le changement climatique : il se forme plus facilement lorsque les conditions sont ensoleillées et anticycloniques.

Résultat : même si de nombreux polluants diminuent, l’ozone reste un problème croissant.

Europe : des progrès réels, mais un enjeu sanitaire majeur

En Europe, plusieurs études montrent une amélioration significative de la qualité de l’air depuis les années 1990. Une analyse des décès liés aux particules fines entre 1990 et 2019 indique une baisse de 42,4 % des morts attribuables à ces polluants.

Mais cette bonne nouvelle a un revers : en 2019, la pollution aux particules fines provoquait encore 368 000 décès sur le continent. Les chercheurs concluent qu’il faut poursuivre et renforcer les politiques de réduction de la pollution atmosphérique.

Le rôle des lois et des normes

En France, une étape importante a été la loi sur la pollution atmosphérique (dite loi LAURE) en 1996, qui a inspiré une directive européenne entrée en vigueur en 2008 et en cours de révision pour abaisser encore les seuils autorisés.

Ces directives ont permis :

  • de fixer des objectifs de qualité de l’air ;
  • d’encadrer les émissions des différents secteurs ;
  • de mettre en place des plans d’action locaux.

La France reste néanmoins régulièrement condamnée par l’Union européenne pour non-respect de certaines obligations, ce qui montre que la marge de progrès est encore importante.

D’où vient la pollution de l’air ?

La qualité de l’air dépend à la fois :

  • de facteurs naturels : vent, relief, températures, épisodes particuliers (comme les poussières du Sahara en Europe) ;
  • et surtout de nos activités humaines.

Les principaux secteurs émetteurs

Au niveau mondial, l’augmentation de la pollution est largement liée à la combustion d’énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz). Un polluant clé dans ce contexte est le black carbon (carbone suie), également émis lors des épisodes de déforestation.

En France, les principaux responsables dépendent du type de polluant considéré :

  • Pour les particules fines : le chauffage résidentiel arrive en tête, suivi par le trafic routier.
  • Pour certains gaz comme l’ammoniac : l’agriculture est la source principale.

Quelles solutions pour mieux respirer ?

La pollution de l’air n’est pas une fatalité. De nombreuses mesures ont déjà montré leur efficacité, à différentes échelles.

Agir à grande échelle : les politiques publiques

Parmi les leviers les plus efficaces, on trouve :

  • la réduction de l’utilisation des énergies fossiles (pour le climat et pour l’air) ;
  • la mise en place de plans de protection de l’atmosphère dans les villes et régions ;
  • l’accompagnement des ménages pour changer de mode de chauffage (remplacement des vieux poêles, aides financières) ;
  • le développement des transports en commun et des déplacements doux (marche, vélo) ;
  • des programmes spécifiques dans les pays en développement, par exemple pour encourager la cuisine au solaire plutôt qu’au bois ou au charbon.

Ces actions fonctionnent, mais elles sont souvent coûteuses et nécessitent que la qualité de l’air soit une priorité politique.

Facteurs locaux : relief, vent et densité

Certaines régions sont naturellement plus exposées aux épisodes de pollution. Par exemple :

  • les villes entourées de montagnes (comme Santiago du Chili ou Grenoble) peuvent retenir les polluants en cas d’absence de vent ;
  • les îles ou les régions très ventées bénéficient d’une dispersion plus rapide des polluants.

Mais même dans les zones avantagées par la géographie, les activités humaines restent déterminantes.

À partir de quand l’air devient-il dangereux ?

C’est une question que beaucoup se posent, mais il n’existe pas de seuil unique valable pour tout le monde.

La dangerosité dépend à la fois de la nature de la pollution et de notre vulnérabilité personnelle.

Deux grandes idées à retenir :

  1. Il vaut mieux vivre dans un endroit où la moyenne annuelle des polluants (PM10, PM2,5, etc.) est la plus basse possible, même s’il existe quelques pics de pollution dans l’année.
  2. Certains publics sont plus sensibles aux pics et aux niveaux élevés :
  • jeunes enfants, dont les bronches sont encore en développement ;
  • personnes âgées, avec des systèmes respiratoires plus fragiles ;
  • femmes enceintes ;
  • personnes souffrant déjà de problèmes respiratoires ou cardiovasculaires.

Pour ces personnes, les pics de pollution peuvent être un facteur déclenchant de certaines pathologies.

Ce qu’il faut retenir

La pollution de l’air n’est pas seulement une question de paysages noyés dans le smog : c’est un enjeu de santé publique mondial qui touche nos poumons, notre cœur, notre cerveau et même le développement des enfants.

La bonne nouvelle, c’est que là où des politiques ambitieuses sont mises en place, la qualité de l’air s’améliore. Réduire la pollution atmosphérique, c’est à la fois :

  • protéger notre santé ;
  • lutter contre le changement climatique ;
  • rendre nos villes plus vivables au quotidien.

Reste à faire de cet enjeu une véritable priorité, partout où nous respirons.

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