Qualité de l’air intérieur : le mini-glossaire PM2.5, COV, CO₂

qualité de l’air intérieur

Pourquoi commencer par une idée qui fâche ?

On a tous grandi avec cette croyance : si ça sent bon, c’est propre. Sauf que pour l’air intérieur, c’est souvent l’inverse. Les parfums d’intérieur, lessives “fraîcheur alpine” et bougies gourmandes chargent l’air en COV (composés organiques volatils). C’est agréable à l’odorat, mais pas forcément à tes bronches. L’objectif ici n’est pas de te faire renoncer à tout, mais de te donner les 3 indicateurs qui comptent pour agir avec bon sens, sans jargon ni gadgets.


Les 3 indicateurs qui changent tout

PM2.5 — Les particules fines qu’on ne voit pas mais qu’on respire

Définition simple : les PM2.5 sont des particules en suspension de diamètre ≤ 2,5 microns — trop petites pour être vues à l’œil nu, assez fines pour atteindre profondément les voies respiratoires. Elles viennent de la cuisson, des fumées (bougies, encens), du trafic extérieur qui s’invite par les fenêtres, et de certaines poussières intérieures.
Pourquoi c’est important : plus c’est fin, plus ça pénètre. Les PM2.5 restent longtemps dans l’air, surtout en hiver quand on aère moins.
Ce que tu peux faire :

  • Pendant la cuisine : hotte efficace (débit adapté), couvercles, aération croisée après cuisson.
  • Ménage malin : microfibre humide + aspirateur avec filtre HEPA pour piéger finement la poussière (évite de “relarguer” les particules).
  • Purification ciblée : en complément, un purificateur HEPA dimensionné à la pièce (attention au bruit nocturne, surtout en chambre d’enfant).

COV — Le “parfum caché” des objets et produits

Définition simple : Composés organiques volatils émis par des peintures, colles, vernis, bois reconstitués, produits ménagers parfumés, bougies, encens…
Pourquoi c’est important : certains COV irritent (yeux, voies respiratoires), d’autres sentent peu mais s’accumulent. Le greenwashing brouille les cartes : “odeur = sain” est une fausse équation.
Ce que tu peux faire :

  • Produits d’entretien : passer à des recettes low-tox et non parfumées réellement efficaces (vinaigre, percarbonate, savon noir) ; garder les sprays pour les cas utiles.
  • Mobilier neuf : aération prolongée (“off-gazing”), ouvrir les tiroirs/portes, éviter de monter tout le salon le jour J.
  • Travaux : privilégier peintures et panneaux à faibles émissions (regarder au-delà du logo marketing, apprendre à lire les étiquetages).

CO₂ — Le thermomètre du renouvellement d’air

Définition simple : le CO₂ n’est pas un polluant domestique classique mais un indicateur de confinement : plus on respire à plusieurs dans un petit volume, plus il grimpe.
Pourquoi c’est important : un CO₂ élevé ne “rend” pas l’air toxique tout seul, mais il révèle un manque de renouvellement d’air — et avec lui, toutes les autres sources (COV, PM2.5) s’accumulent.
Ce que tu peux faire :

  • Capteur CO₂ simple pour décider quand aérer, surtout le soir et la nuit dans les chambres.
  • Aération croisée 5 minutes : ouvrir deux fenêtres opposées pour remplacer l’air rapidement sans refroidir la pièce (astuce top pour l’automne à Lyon).

Mesurer sans se ruiner : capteurs & méthodes maison

Capteurs “entrée de gamme” : utiles si on sait les lire

  • CO₂ : priorité #1 si tu dois choisir un seul capteur. Il t’indique quand aérer, point.
  • PM2.5 : intéressant pour la cuisine, la poussière et les bougies/encens.
  • COV : utile pour repérer un problème ponctuel (peinture, produit ménager, meuble neuf).
    Astuce : ne tombe pas dans la course aux chiffres. Cherche des tendances (avant/après aération, pendant/après cuisine).

Sans capteur : des indices “low-tech”

  • Nez & yeux : odeurs persistantes, irritations, buée sur les vitres le matin = signes de confinement/humidité.
  • Chronomètre d’aération : 3–5 minutes fenêtres en face quand le CO₂ est probablement haut (réveil, retour à la maison, avant dodo des enfants).

Exemple vivant : “soirée crêpes + bougie parfumée”

Scène : samedi 19 h, cuisine ouverte. Crêpière qui fume un peu, hotte en vitesse 1 “pour le bruit”, bougie “coton propre” allumée sur l’îlot pour l’ambiance.
Ce qui se passe :

  • PM2.5 monte vite (grasse et farine), surtout si la hotte n’aspire pas assez.
  • COV s’ajoutent (bougie parfumée, huile chaude, sprays vaisselle).
  • CO₂ grimpe aussi si on est 3–4 autour du plan de travail.
    Que faire (en 3 gestes) :
  1. Hotte à fond + couvercles pendant la cuisson, puis aération croisée 3 minutes.
  2. Éviter la bougie pendant la cuisson ; la rallumer après si tu y tiens (ou passer à une courte diffusion puis aérer).
  3. Essuyer à la microfibre humide les surfaces : moins de relargage de particules le lendemain.

Matrice décisionnelle : quoi faire selon la mesure

CO₂ (indicateur de renouvellement)

  • < 800 ppm : Rien d’urgent. Maintiens tes routines.
  • 800–1200 ppm : Aère 3–5 min (croisée).
  • > 1200 ppm : Aération + réduis l’occupation ou allonge l’aération (répète plus tard).

PM2.5 (particules fines)

  • Vert (basal) : ménage régulier HEPA + microfibre.
  • Orange (après cuisson/bougies) : hotte + aération, éviter sprays, limiter la durée des bougies.
  • Rouge (pics) : stop source, ventilation soutenue, purification si possible.

COV (émissions)

  • Faible : ok.
  • Moyen : identifie la source récente (peinture, meuble, produit) et aère plus souvent.
  • Haut : isole la source, aère longuement, remplace ou range au balcon le temps d’“off-gazing”.

Budget & priorités : par quoi commencer (et quoi éviter)

Priorités d’achat (ordre recommandé)

  1. Capteur CO₂ simple et fiable : la meilleure boussole pour aérer au bon moment.
  2. Aspirateur avec filtre HEPA + microfibres : retire ce qui s’accumule vraiment.
  3. Purificateur HEPA (chambre ou salon) dimensionné et silencieux : en appoint, surtout en période de pollution/pollen.

Ce qu’on peut éviter au début

  • Les “solutions miracles” très parfumées.
  • Les capteurs trop “gadget” ou non calibrés, si tu n’as pas un usage clair.
  • Les purificateurs sous-dimensionnés ou trop bruyants pour une chambre d’enfant.

Mini-glossaire des 15 mots qui trompent (et leurs vraies traductions utiles)

  • “Air pur” : aucune pièce n’est stérile ; vise des niveaux bas et stables.
  • “Parfum naturel” : naturel ≠ sans impact ; un COV peut être d’origine naturelle et irritant.
  • “HEPA like” : préfère HEPA H13/H14 clairement spécifié.
  • “A+” (peintures) : bon début, pas absolu ; regarde la fiche émissions et aère après travaux.
  • “Désinfectant quotidien” : souvent inutile ; nettoyer suffit dans la majorité des cas domestiques.
  • “Anti-allergène” : vérifie housses anti-acariens, lavage ≥ 60 °C ; méfie-toi des sprays “magiques”.
  • “Silencieux” : regarde le niveau sonore (dB) réel en mode nuit pour une chambre d’enfant.

Routine “Air clair” en 30 jours (plan d’action)

Semaine 1 — Mesurer & observer

  • Installer le capteur CO₂ dans la pièce de vie ; noter 3 moments d’aération efficaces.
  • Repérer 2 sources de COV faciles à réduire (sprays parfumés, bougie quotidienne).

Semaine 2 — Réduire à la source

  • Passer à 3 recettes d’entretien non parfumées.
  • En cuisine : hotte à plein débit + couvercles ; limiter l’encens/bougies aux moments courts.

Semaine 3 — Capturer & renouveler

  • Aspirateur HEPA 2×/sem. dans les zones de passage, microfibre sur surfaces.
  • Aérations croisées 3–5 min matin & soir, ajustées au signal CO₂.

Semaine 4 — Consolider & optimiser

  • Si budget : purificateur HEPA dans la chambre (mode nuit ≤ 35 dB).
  • Créer une check-list hebdo (filtres, VMC, textiles à 60 °C si allergies).

Cas type : appartement 70 m² à Lyon, 1 enfant, 1 chat

  • Contexte : ville, pollen à certaines périodes, trafic.
  • Gestes gagnants :
    • Tapis d’entrée & vestiaire pour piéger poussières extérieures.
    • Brossage régulier du chat, limiter l’accès à la chambre de l’enfant si rhinites.
    • Aérations brèves et ciblées quand le CO₂ grimpe (après bain/douche, avant coucher).

Respire mieux sans t’épuiser

Tu n’as pas besoin de tout savoir, juste de lire 3 voyants : PM2.5 (particules), COV (émissions), CO₂ (confinement). Réduis à la source, aère au bon moment, capte ce qui traîne — et garde tes habitudes simples et régulières. C’est exactement l’esprit de notre ligne : problème → principe → exemple → action, avec des gains visibles en quelques jours.


FAQ (5 questions rapides)

1) Faut-il un capteur pour chaque pièce ?
Non. Commence par la pièce de vie ou la chambre. Déplace-le 1–2 jours par pièce pour apprendre tes moments d’aération.

2) Les “plantes dépolluantes” suffisent-elles ?
C’est surtout un mythe : sympas pour l’ambiance, mais insuffisant pour filtrer PM2.5/COV. L’aération et la capture mécanique restent prioritaires.

3) Une bougie le soir, c’est grave ?
Occasionnelle, courte, dans une pièce aérée après usage : ça passe. Évite de cumuler bougie + cuisine + fenêtres fermées.

4) H13 ou H14 pour un purificateur ?
Les deux filtrent très fin. H14 est plus strict mais bruit & débit comptent autant que l’étiquette. Vise un modèle silencieux et dimensionné à ta pièce.

5) Et si mon enfant a des rhinites ?
Combine textiles lavés à 60 °C, housses anti-acariens, aspirateur HEPA, et aérations brèves avant le coucher.

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